Tout commence au début du siècle...
En 1907, Esai MAEDA, maître de Ju Jitsu et Takaguro ITO, représentant du Judo Kodokan, effectuent une tournée au Brésil. Comme tout judoka et ju jitsuka japonais qui se respecte, ils affrontent dans les combats de lutte, tous les adversaires qui se présentent, pour démontrer la supériorité des techniques japonaises. ITO s'établit alors aux USA, MAEDA, quant à lui, retourne au Brésil en 1914. Pour le récompenser de ses prouesses de lutteur, le gouvernement brésilien lui accorde alors une grande concession de terres.
Gastao GRACIE, universitaire et homme politique brésilien, aide Maeda à implanter une colonie d'immigrants japonais sur ses fameuses terres. En remerciement, Maeda enseigne le Ju Jitsu à Carlos, l'aîné des fils Gracie. Carlos, à son tour transmet les subtilités de l'art martial japonais à ses frères. Le plus jeune d'entre eux, Hélio sera lui, tenu à l'écart, car jugé trop fragile pour les rigueurs de l'entraînement. Celui-ci ne se décourage cependant pas et observe minutieusement l'enseignement de Carlos. Un jour, en l'absence de Carlos et à la surprise générale, Hélio affronte un des élèves et réussit à le surmonter, uniquement par l'assimilation théorique de l'art japonais. Dès lors, Hélio est autorisé à s'entraîner. Son manque de force physique le pousse à réviser certaines techniques pour les rendre utilisables ; un nouveau style est alors né le Gracie Ju Jitsu. Très vite, par de nombreux défis, la famille Gracie acquiert une réputation d'invincibilité dans le pays, dominant toutes les compétitions de Judo et de Ju Jitsu. Cette réputation dépasse alors les frontières pour arriver jusqu'au Japon.

En 1951, le légendaire judoka Masahiko KIMURA, un des "Trois hommes forts du Japon" (avec Mas OYAMA en Karaté et Gozo SHIODA en Aïkido), 16 fois Champion du Japon toutes catégories et 5 fois Champion du Monde entame une tournée au Brésil. La rumeur annonce alors la fin du règne Gracie. Hélio ne manque pas l'occasion de le défier. Il est cependant soumis à l'épreuve d'affronter d'abord KATO, le numéro 2 japonais, pour être digne de rencontrer le formidable KIMURA. KATO est vaincu par étranglement et préfère s'évanouir, plutôt que de se rendre. C'est au tour de KIMURA d'affronter le petit brésilien. Invaincu depuis seize ans, le japonais pèse 97 kg (contre 60 pour Gracie). Puissance phénoménale et un "ippon seoi nage" (projection d'épaule) exceptionnel ; il a la réputation de bisser ses adversaires sans connaissance. Très sûr de lui, il confie alors à la presse : "Si le combat dure plus 3 minutes, Gracie devra être déclaré vainqueur". La rencontre est suivie en direct par tout le Brésil et après 3 minutes de combat la foule hurle : "C'est fini ! " Mais le combat se poursuit, mais à technique égale, les 37 kg d'écart de poids finissent par favoriser Kimura. Après 13 minutes de lutte acharnée, le japonais parvient à appliquer une clef de bras à Gracie. Le brésilien a perdu, mais l'honneur est sauf, car il a su sans jamais sortir du pays, développer suffisamment de techniques pour tenir tête au meilleur combattant que le Kodokan ait jamais produit. Dès le lendemain Hélio est inviter par Kimura en personne à venir enseigner son système à l'académie impériale du Japon.

 

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